THE QUEST FACTORY
4 rue des Petits Hôtels
75010 Paris

LA SITUATION
Léonard Radichkov a consacré sa vie à mettre au point ce que personne d’autre n’avait osé concevoir. Une arme à énergie infinie.
Il a disparu. Son centre de recherches interdites, lui, est toujours là. Ils ont trouvé l’accès. Dans leurs caves. Et ils n’ont pas envie d’y aller eux-mêmes. Nous, si. Nous devons créer l’arme la plus dangereuse jamais conçue.
EXPÉRIENCE – @Gladiators

Nous avons créé l’arme la plus dangereuse au bout de 69 minutes.
RÉSUMÉ:
Il y a des salles que l’on termine, que l’on range dans un coin de sa mémoire et auxquelles on ne pense plus forcément revenir. Et puis il y a celles dont les enseignes décident de faire quelque chose d’assez risqué: les transformer. C’est exactement ce qu’a fait The Quest Factory avec Opération Balkans, sa toute première salle ouverte en 2018. Après plusieurs années de bons et loyaux services, la mission a disparu pour laisser place à Descente sous tension, une nouvelle aventure annoncée comme ayant été modifiée à 85%.
Pour nous, cette information n’est évidemment pas anodine. Parce que nous avions déjà joué Opération Balkans. Nous connaissions donc l’histoire, le laboratoire de Radichkov, certains espaces et surtout cette aventure qui faisait partie des premières créations de l’enseigne. Revenir plusieurs années plus tard dans une salle que l’on connaît déjà peut être une expérience particulièrement étrange: allons-nous reconnaître les lieux? Les énigmes? Les mécanismes? Est-ce réellement une nouvelle salle ou simplement un lifting un peu plus ambitieux? The Quest Factory est assez catégorique sur le sujet: 85% de la salle a été modifiée, au point de considérer Descente sous tension comme une véritable nouvelle version, voire une suite d’Opération Balkans. Restait donc à vérifier une chose. Est-ce que cette nouvelle descente mérite vraiment d’être faite lorsque l’on connaît déjà les Balkans?
Le point de départ reste volontairement proche de ce que nous avions connu. En 1984, l’opération Balkans menée par les Forces Spéciales avait mis fin aux recherches du professeur Radichkov, scientifique obsédé par la création d’un cristal capable de produire une énergie infinie. Mais l’histoire ne s’est pas arrêtée là. Le fils de Radichkov a décidé de poursuivre les travaux de son père et de reconstruire son laboratoire. Des années plus tard, un accès à ce centre de recherches interdites est découvert dans les sous-sols de The Quest Factory. Et évidemment, personne n’a très envie d’aller voir ce qui se cache derrière.
Notre mission est donc relativement simple: pénétrer dans le laboratoire, reprendre les recherches de Radichkov et parvenir à créer l’arme la plus dangereuse jamais conçue. C’est probablement la première chose qu’il faut souligner. Descente sous tension n’est pas une simple Opération Balkans 2.0, c’est une suite plutôt qu’un remake.
Les décors, les énigmes et les mécaniques ont été largement revus, tandis que l’aventure passe de 60 à 75 minutes. Et après l’avoir vécue alors que nous connaissions la version originale, nous pouvons confirmer que cette promesse n’est pas qu’un argument marketing. Bien sûr, impossible de faire disparaître totalement le passé. Le lieu reste le même. L’univers reste lié à Radichkov. Certains éléments peuvent provoquer ce petit sentiment de déjà-vu chez ceux qui ont joué Opération Balkans. On retrouve certains repères sans avoir l’impression de refaire la même aventure.
Les premières minutes donnent presque cette sensation de redécouvrir une adresse que l’on croyait pourtant connaître. Certains espaces ont été profondément retravaillés, d’autres toujours dans leur jus. Plutôt que de chercher à cacher les similitudes, l’enseigne semble les utiliser comme un petit jeu supplémentaire pour les anciens joueurs. La scénographie a clairement bénéficié de cette nouvelle version. Et même si tout n’a évidemment pas été entièrement reconstruit, le lifting permet de donner une autre vie à des espaces que nous avions déjà parcourus. L’ensemble paraît plus cohérent avec les standards actuels de l’escape game.
Descente sous tension corrige en grande partie ce problème. Les mécanismes sont modernisés, certains passages ont été transformés et plusieurs éléments viennent désormais renforcer l’immersion. Car si The Quest Factory a évidemment renforcé l’immersion, l’enseigne n’a pas oublié ce qui fait le cœur du concept: les énigmes. Et c’est probablement l’un des changements les plus appréciables. Elle propose une quantité assez importante de manipulations et de mécanismes.
Tout n’est évidemment pas parfait… nous avons été souvent trop aidés, trop redirigés, trop accompagnés durant notre progression. Une chose plutôt regrettable, frustrante et agaçante, surtout quand la réponse au fonctionnement d’une étape est donnée de façon aussi directe au lieu de façon subtile.
L’enseigne conserve aussi cette petite touche de fun qui permet de ne jamais prendre son univers trop au sérieux. Même lorsqu’on est censé être en train de mettre la main sur une arme à énergie infinie capable de bouleverser l’équilibre du monde, il reste toujours cette petite pointe d’humour qui rappelle que nous sommes avant tout venus passer un bon moment. On retrouve donc cette petite dose de folie qui permet à l’enseigne de ne jamais devenir trop sérieuse. C’est également ce qui nous plaît chez The Quest Factory. Même lorsqu’elle cherche à nous impressionner, l’enseigne conserve cette capacité à injecter de l’humour dans ses aventures. Et dans Descente sous tension, cet humour est particulièrement bienvenu. Parce qu’un univers scientifique autour d’une arme à énergie infinie pourrait très facilement devenir sérieux, voire un peu pompeux. Ici, non. L’expérience sait se moquer légèrement de ses propres ambitions.
Si vous avez joué Opération Balkans, vous pouvez parfaitement revenir pour Descente sous tension. Et même, nous vous le conseillons. La différence est suffisamment importante pour que l’expérience soit considérée comme une véritable nouvelle aventure. Vous retrouverez bien quelques éléments. Vous reconnaîtrez certains principes. Vous aurez parfois cette petite sensation de déjà-vu. Mais vous découvrirez suffisamment de nouvelles mécaniques, de nouvelles énigmes et de nouvelles séquences pour que l’expérience ne ressemble pas à une simple redite. Et c’est probablement le plus gros pari réussi de cette refonte. Faire revenir les anciens joueurs sans punir les nouveaux. Car si vous n’avez jamais joué Opération Balkans, aucun problème. La salle se suffit à elle-même. Si vous l’avez jouée il y a plusieurs années, comme nous, vous aurez simplement droit à quelques petits clins d’œil supplémentaires.
Alors, faut-il refaire Opération Balkans sous le nom de Descente sous tension? Oui. Sans hésiter. Les refontes de salles peuvent parfois donner l’impression d’être essentiellement destinées à rentabiliser un ancien concept. Ici, le pari est beaucoup plus intéressant. Elle a pris son concept originel et lui a donné une seconde vie. Les joueurs qui n’ont jamais connu Opération Balkans découvriront une aventure complète, cohérente et particulièrement ludique. Et ceux qui, comme nous, ont déjà joué l’ancienne version pourront revenir sans avoir l’impression de simplement refaire leurs devoirs. Il reste suffisamment de traces du passé pour créer une forme de nostalgie. Mais suffisamment de nouveautés pour créer de la surprise. Et c’est probablement là que se trouve toute la réussite de Descente sous tension.
The Quest Factory a réussi à transformer son passé sans le renier. La salle conserve l’ADN d’Opération Balkans, mais lui offre davantage de rythme, de manipulation, de tension. Et finalement, après plusieurs années, Radichkov est peut-être toujours là où nous l’avions laissé. Mais son laboratoire, lui, a clairement pris un sacré coup de jeune.
Accueil: 🔐🔐🔐🔐🔐
Décor: 🔐🔐🔐🔐🔒
Fouille: 🔐🔐🔐🔒🔒
Réflexion: 🔐🔐🔐🔐🔐
Difficulté: 🔐🔐🔐🔐🔒
Immersion: 🔐🔐🔐🔐🔒
Expérience: 🔐🔐🔐🔐🔒
